lesdevalideuses - le 21 01 2020
Bonne résolution n°21
21. Je respecte l'espace personnel des personnes handicapées
#JarrêteLeValidisme
Alors que les Américains prennent systématiquement les gens dans leurs bras, en France le contact physique avec des étrangers ne fait pas vraiment partie de notre culture.Quelqu’un s’assoit trop près de vous, votre voisine se tient toute proche de votre visage pour vous parler, un vague collègue vous fait la bise : vous vous crispez.
Mais dans certaines situations, cette barrière semble disparaître, et l'on se sent soudainement autorisé.e à poser la main sur le ventre d’une femme enceinte, toucher les cheveux naturels d’une personne racisée, caresser la joue d’un enfant... ou d’une personne en fauteuil ! Et oui, cette situation nous arrive plus souvent que vous ne croyez !
Quand on est handicapé.e, il n'est pas rare de subir des caresses non sollicitées sur la joue, les cheveux, les bras, ou des gestes qui se veulent protecteurs (bras passé autour des épaules, etc.) Comme souvent, ces gestes sont censés nous soutenir, mais produisent l'effet inverse. Car derrière cette démarche transparaît un sentiment bien moins flatteur : la pitié. Et même si nous mettons de côté la pitié, ces gestes bien-intentionnés nous infantilisent, et nous dépossèdent de nos corps. Parce qu’avouez-le, la dernière fois qu’un adulte vous a gentiment pincé la joue, vous ne deviez pas avoir plus de 5 ou 6 ans… Et vous n'aimiez probablement pas ça !
Sans compter que souvent, ces gestes s'accompagnent d'une attitude générale : vous allez vous pencher en avant pour nous parler, incliner la tête sur le côté, prendre une intonation plus aiguë, utiliser des mots plus simples... Comme si vous étiez avec un enfant ! Cette attitude est parfois inconsciente, mais pour nous, cela revient au même ! Questionnez vous un instant. Pourquoi changer d'attitude face à une personne en fauteuil roulant, ou une personne avec un handicap mental ? Pensez-vous que nous sommes moins aboutis, moins solides qu’un adulte valide ? Est-ce notre physique, notre apparente fragilité qui vous pousse à cet instinct parental, à cette envie de nous cajoler et de nous protéger ?

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lesdevalideuses - le 20 01 2020
Bonne résolution n°20
Je ne change pas de "regard", j'essaie de me déconstruire.
#JarrêteLeValidisme
Parmi les expressions les plus éculées au sujet du handicap, le sempiternel "changer de regard" mérite la palme d'or. Sous des apparences bienveillantes et ouvertes à la différence, son usage répété est devenu à force un running gag dont on se passerait bien.
Si vous tapez "changer de regard sur le handicap" dans un moteur de recherche, vous trouverez un florilège d'articles ou vidéos mettant en scène des personnes handicapées exceptionnelles qui se démènent dans différents sports et activités. "Regardez, les handicapés ne sont pas seulement tristes et chiants, ils peuvent accomplir des choses !". On vous renvoie vers notre bonne résolution n°11 sur la "leçon de vie" et la pornographie de l'inspiration... Cette formulation creuse occasionne également des mises en scène exaspérantes, comme le Duoday, une journée de "sensibilisation" organisée par l'État, où des personnes handicapées accompagnent pour une journée un professionnel sur son lieu de travail. https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/journee-duoday-changer-regard-sur-handicap On filme tout ça, on rigole, bonne ambiance, et ensuite l'handi-accessoire retourne à sa vie, et tout le monde est content, oh oui, les gens ont découvert quelque chose dites donc. Mais rien n'a réellement changé.
Vous pouvez bien nous regarder sous tous les angles que vous voudrez, avec une loupe ou un objectif grand angle, notre handicap sera toujours le même, et nos difficultés seront toujours dues avant tout à la non adéquation de nos environnements de vie. Quant à nous, on a déjà essayé de regarder une entrée d'immeuble non accessible d'un œil joyeux et positif, elle ne s'est pas magiquement transformée en rampe d'accès.
Dire qu'il faut "changer de regard sur le handicap", cela sous entend qu'il n'y a pas de problème structurel, et que la majorité des problèmes viennent de l'absence de sensibilisation du public aux questions du handicap. De fait, on individualise le problème du validisme, et on le dépolitise.

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lesdevalideuses - le 19 01 2020
Bonne résolution n°19
Je comprends que le travail des personnes handis n'est pas un passe-temps.
#JarrêteLeValidisme
Quand on parle travail et handicap, l’idée reçue la plus fréquente est que confier un emploi à une personne handicapée, ça serait un peu lui faire une faveur. Quasiment même un acte de charité, puisque l'employeur embauche quelqu'un dont la force de travail est supposée plus faible que celle d'une personne valide. De fait, lorsque nous arrivons à décrocher un emploi, il n'est pas rare d'entendre "Oh tu as un travail, c'est bien ça va t'occuper, te faire sortir de chez toi !". Comme si cet emploi n'était pas un gagne-pain, mais juste un agréable loisir, un remède contre la vacuité de nos existences.
Il paraît donc nécessaire de souligner que le travail des personnes handicapées n'est ni un passe-temps, ni une faveur. Notre réalité est toute autre. Déjà, nos vies sont dirigées par les mêmes contraintes de base que le reste du genre humain. Nous loger, nous nourrir et régler nos factures constituent des impératifs dont nous ne sommes pas exemptés. Les aides financières pour les personnes handicapées étant à la fois difficiles à obtenir et trop faibles pour vivre dignement, le travail est pour beaucoup d'entre nous une vraie nécessité. D'autant que nos handicaps sont généralement source de frais supplémentaires (matériel ou appareillage coûteux, médications, aménagement de notre lieux de vie, etc.) Par ailleurs, même si nous avons la chance de trouver un travail à la hauteur de nos attentes, nos vies restent particulièrement chargées. Pour certains, la gestion du handicap est presque un travail à temps plein : gérer les éventuelles crises, les douleurs, les multiples rendez-vous de santé, etc.Sans compter le temps consacré à nos familles, nos amis, nos VRAIS loisirs, et toutes les contraintes normales d'une vide d'adulte.Et si nous arrivons à trouver le temps et l'énergie de chercher un travail, nous nous confrontons à de nouvelles difficultés.

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lesdevalideuses - le 18 01 2020
Bonne résolution n°18
18. Je considère les personnes handicapées dans le champ de la sexualité.
#JarrêteLeValidisme
Si vous avez vu la série "Special" sur Netflix, vous avez probablement assisté à une scène absolument unique en son genre : la représentation réaliste, sans filtre ni pathos, d'un rapport sexuel entre une personne handicapée et une autre valide, et de surcroît entre deux hommes !
Et oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, les personnes handicapées peuvent avoir une vie sexuelle !
Mais alors comment ils font ?! On vous arrête là, on est pas là pour vous donner un mode d'emploi : nos intimités ne sont ni un spectacle ni un sujet de débat. La plupart du temps, surtout si on est physiquement handicapé·e, on va d'abord nous asexualiser : nous sommes considérés sans désirs, et même indésirables, donc sans possibilité de vie sexuelle. Et même souvent sans genre, pas vraiment hommes, pas vraiment fermes. Ça va de pair avec l'infantilisation que l'on subit : puisqu'on s'adresse déjà à nous comme à des enfants, comment seulement imaginer qu'on soit dotés d'une libido ?
A l'extrême inverse, on nous fétichisera, c'est à dire qu'on fantasmera sur nos particularités. Ou bien on nous considérera en grande demande sexuelle, à cause d'une supposée frustration ou d'une maladie psychique qui nous désinhiberait. En vrai, nous vivons nos sexualités comme vous. Nos désirs, nos pratiques ou nos fantasmes sont communs aux personnes valides. Nous pouvons aussi ne pas vouloir de vie sexuelle, ou être asexuels, sans que cela ait de rapport avec notre handicap. Bien entendu, selon le type de handicap ou maladie, nous pouvons rencontrer des contraintes. Parfois, notre corps ne va pas réagir exactement comme nous aimerions, ou la douleur va nous empêcher de faire certaines choses. Parfois, ce sont les médicaments que nous prenons qui vont endormir notre libido.

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lesdevalideuses - le 18 01 2020
Bonne résolution n°17
17. Je ne caresse pas les chiens d'assistance (même si c'est tentant !) #JarrêteLeValidisme
C'est bien connu, everybody like dog. Et s'arrêter près d'un beau toutou donne souvent envie de le gratouiller derrière les oreilles avec un sourire niais "C'est qui le bon chien chien ? Oh oui c'est qui le bon chien chien ?" Mais attention ! Si le chien en question porte un harnais bien reconnaissable, il s'agit certainement d'un chien d'assistance.On pense souvent spontanément aux chiens guides des personnes aveugles et malvoyantes, mais il existe également des chiens d'assistance spécialement éduqués pour répondre aux besoins de personnes à mobilité réduite.
Un chien guide ou chien d'assistance n'est pas un simple animal de compagnie. Il a été dressé pour apprendre à obéir en toute circonstance, et à réaliser certaines tâches précises comme guider la personne ou lui attraper des objet, ainsi que des missions d'aides et de sécurité.
Le dressage de ces chiens prend environ 18 mois à 2 ans. Après 1 an passé dans une famille d'accueil, ils intègrent une formation officielle de chien d'assistance, dispensée par des éducateurs spécialisés, qui dure 6 à 8 mois.D'ailleurs, un chien reste la propriété de l’école de chiens guides qui l'a éduqué, et ce durant toute sa vie. Par contre, son maître effectif en a la responsabilité juridique, et doit prendre soin de lui.
Alors quand vous croisez un chien d'assistance tenu en harnais, il y a une règle très simple à respecter : l'ignorer !(Oui, c'est dur.) Le simple fait de l'appeler pour attirer son attention ou de le caresser le distrait de son travail, et peut désorienter son maître ou sa maîtresse. Il ne faut pas oublier que ces chiens ont un rôle crucial, voir vital ! Toucher au harnais est également proscrit. Cela ne veut pas dire qu'il est formellement interdit de prodiguer quelques caresses ! Mais pour cela, attendez que la personne ne circule pas, soit visiblement posée, et demandez lui simplement son accord. Comme pour un chien "classique" en somme.

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lesdevalideuses - le 17 01 2020
Bonne résolution n°16
16. Je participe à la diversité des représentations
#JarrêteLeValidisme
Saviez-vous que l'acteur Peter Dinklage a hésité avant d'accepter son légendaire rôle de Tyrion Lannister dans Game Of Throne ? Atteint d’achondroplasie, il n'a jamais toléré qu'on le relègue à des rôles archi stéréotypés de nain à barbe, gnome ou leprechaun.Un bel exemple du manque de représentation des personnes handicapées dans le milieu audiovisuel, mais aussi dans le monde des arts en général. Pourtant, cette représentation est essentielle pour les concerné.e.s. Car ce que nous voyons dans les séries, films, clips, œuvres littéraires, graphiques, photos... façonne la vision que nous avons du monde.
Les personnes handicapées constituent 20% de la population, or elles sont terriblement sous-représentées. Nous existons, nous faisons partie du monde, nous devons aussi faire partie des œuvres.Récemment, on a pu voir quelques séries aborder le handicap, sans misérabilisme ni voyeurisme : Speechless, une famille fantasque à la Malcolm, dont l'un des fils est en fauteuil roulant, la websérie française "Simone et moi, une amitié mécanique", ou encore Special sur Netflix : fait et joué par un homme handicapé.
Mais surtout, sortez-nous des rôles de personnes handicapées ! Vous n'avez pas besoin de parler de nos handicaps pour nous faire apparaître, parlez plutôt de nous. Montrez-nous comme des passants, amants, parents, travailleurs du sexe, chefs d'entreprise ou punks à chiens. Nous sommes tellement plus que nos seuls handicaps ! On aimerait tellement se voir plus souvent comme simple figurant. Comme élément banal, anecdotique. La belle-sœur du héros est handicapée ? Oui et alors, on ne va pas en faire tout un fromage.
Dessinateurs professionnels comme amateurs : quelle part de vos personnages présentent une diversité physique notable ? Savez-vous dessiner une personne amputée, de petite taille, en fauteuil roulant, ou même simplement grosse ? Photographes, travaillez-vous souvent à capturer les lignes poétiques et peu communes d'un corps handicapé ?

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lesdevalideuses - le 15 01 2020
Bonne résolution n°15
Je renouvelle mon stock d'insultes.
#JarrêteLeValidisme
Ah, les insultes ! S’il y a bien une particularité de la langue française, c’est de regorger d’insultes fleuries que nos pays voisins nous envient. Goujat, tocard, branquignole, gougnafier… Et pourtant, malgré cette diversité, les insultes tombent le plus souvent dans un registre bassement homophobe, sexiste ou psychophobe.
Qui n’a pas déjà entendu « t’es mongole / triso / débile » face à une difficulté à comprendre ou faire quelque chose ? Pourtant ces termes ne sont pas des insultes, mais des réalités, des identités. Utiliser ces termes comme des insultes, c’est laisser entendre que ces handicaps ou maladies sont méprisables et avilissantes.
Si l'insulte seule, prise à part, semble inoffensive, le mépris qui en découle, maintes fois répété par de nombreuses personnes, contribue à stigmatiser durablement ces handicaps ou maladies. Il en va de même pour des phrases telles que « le gouvernement est autiste » ou « c’est un système dangereux et schizophrène » dont les médias sont friands. Ces mots n’ont rien à faire là car ils perdent leur sens originel et contribuent à entretenir les stéréotypes.
Au passage toutes les insultes homophobes à base de « va te faire enc*ler » ou « PD », c’est non, juste non. Et ne parlons pas des « j’me suis fait violer », beaucoup trop utilisé par les gamers. « On ne peut plus rien dire ! ». Alors, si vous pouvez.
Si vous prenez plaisir à consciemment blesser et rabaisser les personnes malades et handicapées, surtout ne changez rien. Autrement, vous pouvez décider d'être imaginatifs dans vos insultes et expressions, de manière à n'insulter que l'objet que votre colère ou mépris.
Oui, nous sommes autistes, triso, mongoles, schizo, sourdingues, aveugles, polios, nains, fous, barges, ou débiles mentaux... Ces mots nous définissent, et ne devraient jamais être utilisées comme insultes, même "amicales". Ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit. Les insultes ont toujours existé, continueront toujours à exister. Elles sont utiles, ou du moins cathartiques en de multiples occasions.

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lesdevalideuses - le 14 01 2020
Bonne résolution n° 14
Je cesse d'associer les handicaps et troubles psy à la violence.
#JarrêteLeValidisme
A chaque fois qu'une personne commet des actes violents envers autrui, il est courant d'entendre : "Non mais il est fou ce gars là ! Il est dérangé, il faudrait l'interner !". La notion de trouble psy est systématiquement associée à une attitude violente et imprévisible.
Et cela sert souvent à clore le sujet. Combien de fois, face à un "incident" gênant qu'on voudrait étouffer (spoiler : le suspect est souvent blanc) on balaye le sujet d'un "Oh c'est juste un "déséquilibré", il avait des problèmes psy", sans chercher à comprendre ses motivations ?
De fait, nous prenons l'habitude de croire que la violence va de pair avec les troubles psychiatriques ou mentaux, et que les personnes concerné.e.s sont comme des bombes à retardement, susceptibles d'éclater à n'importe quel moment. Pourtant, ces clichés sont bien éloignés de la réalité ! D'après le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la dangerosité psychiatrique, "il existe une surestimation manifeste du risque de comportement violent chez les personnes souffrant de troubles mentaux." D'après ce rapport, les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont que rarement impliquées dans une violence faite à des tiers : 3 à 5 % seulement des actes violents seraient dus à des personnes souffrant de troubles mentaux. Et, surprise, ces personnes sont plus souvent victimes qu'agresseurs. Quand elles ne sont pas victimes de violences et maltraitances de la part de leur entourage, elles ont tendance à se maltraiter elles-mêmes (mutilation, tentative de suicide, etc.) Cela s'ajoute à un réel manque de prise en charge de ces violences, la parole de ces personnes étant souvent considérée comme moins légitime. Sans surprise, les femmes sont les plus touchées : si 80 % des femmes handicapées subissent des violences au cours de leur vie, plus de la moitié présentent des troubles psychiques.

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lesdevalideuses - le 13 01 2020
Je m'abstiens de suggérer des thérapies alternatives.
#JarrêteLeValidisme - Dis-moi, tu as testé l’acupuncture pour tes douleurs ? Je connais un très bon praticien... - Tu es toujours sous anti-dépresseur ? C'est pas naturel quand même, pourquoi tu n'essaies pas la sophrologie à la place ? - Tu as lu cet article sur ce tout nouveau traitement en test au Japon ?
Ça part toujours d'un bon sentiment et d'une envie d'aider, mais oui, on a déjà essayé le yoga, les huiles essentielles, et les infusions de sauge. Souvent, les personnes handicapées ont déjà testé à peu près tout ce qui pouvait être susceptible de les soulager et/ou de les guérir.
Il ne s'agit pas ici de lancer un débat sur les éventuelles vertus positives des thérapies alternatives ou médecines douces, qui, bien que scientifiquement controversées, peuvent parfois procurer un bien-être appréciable. Placebo ou pas, si ça fonctionne pour vous, tant mieux.
Il s'agit de pointer la capacité qu'ont les gens de vouloir à tout prix proposer ces thérapies alternatives aux personnes handicapées ou malades chroniques, avec pour seule base "scientifique" leur propre opinion sur la question.
De manière générale, évitez les conseils non sollicités sur le parcours médical, le diagnostic ou le traitement des personnes handicapées, et ce même si vous pensez connaître un peu leur parcours ou leur vécu. Ces conseils répétés peuvent être particulièrement difficiles à vivre pour les personnes concernées.
D'autant plus que les vécus diffèrent. Certains malades avec des douleurs chroniques voudront essayer toutes les astuces existantes, du régime sans gluten à la micro kiné. D'autres considérerons que la maladie prend déjà trop de place dans leur vie sans lui en consacrer encore plus. Dans tous les cas, respectez ce choix. C'est leur corps, et leur handicap ou maladie.
De surcroît, déconseiller de prendre un médicament prescrit ou en cours d'utilisation peut être dangereux. Les psychotropes et antalgiques notamment ne peuvent être interrompus sans avis médical.

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lesdevalideuses - le 12 01 2020
Bonne résolution n°12
Je soutiens la scolarisation des enfants handicapés
#JarrêteLeValidisme
Beaucoup d'enfants ne veulent pas aller à l'école. Mais à chaque rentrée scolaire, des milliers d'enfants handicapés eux, n'y ont pas accès du tout, faute de "solutions adaptées". Officiellement, on estime qu'ils sont environ 3500 laissés sur le bord de la route. Mais d'après un rapport de 2015 du Conseil de l'Europe, ils seraient plutôt 20 000.😠 Hé oui, ils sont nombreux à la télévision pour le grand week-end du Téléthon, par contre, dans les écoles, bon courage pour les trouver ! Pourtant, la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire n'est en aucun cas une faveur ou une utopie. Plus qu'un droit, c'est un devoir légal.
Selon la loi du 11 février 2005, les parents ont l'obligation d'assurer l'instruction à leur enfant de 3 à 16 ans, et l’Etat est dans l’obligation d’accueillir tout enfant dès cet âge dans une école maternelle ou une classe enfantine, dès lors que la famille en fait la demande. En dépit de ce droit fondamental sans cesse réaffirmé par la législation, comme en 2019 avec la loi pour une école de la confiance, l'accès à l'éducation reste une véritable bataille pour les familles concernées. Elles se heurtent à des difficultés d'accessibilité et à un manque criant d'aides techniques, mais plus encore, à une insuffisance d'accompagnement humain. Or, l'Etat a le devoir de fournir tous les moyens et aménagements nécessaires pour faire respecter ce droit.
Si depuis la loi d'orientation du 11 février 2005, le nombre d'élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire n'a cessé d'augmenter, nous regrettons que la part de l’institutionnalisation des enfants dans des centres spécialisés, elle, n'ait pas baissé. Pour pouvoir accueillir chacun en milieu ordinaire, il faut absolument développer les accompagnements individualisés en valorisant les postes d'AESH (anciens AVS, auxiliaires de vie scolaire) un métier essentiel, mais terriblement précaire et peu considéré.

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lesdevalideuses - le 12 01 2020
Bonne résolution n°11
Je ne considère plus les personnes handicapées comme des leçons de vie
#JarrêteLeValidisme
Parmi tous les clichés validistes que nous subissons, l'image de la personne handicapée oscille souvent entre deux extrêmes. Soit on nous croit incapables, tristes et inintéressants, en un mot : chiants. Soit on nous imagine comme des super-héros du quotidien, toujours souriants, incroyablement courageux et inspirants. Et là aussi, ça coince. Asseyez-vous, faut qu'on cause. Nous imaginer et nous traiter comme des êtres hors-du-commun, des leçons de vie, JUSTE parce qu'on est handicapé.e n'est PAS un compliment. « Faut pas le prendre mal ! C’est sincère, je t’admire vraiment, tu es une personne ex-tra-or-di-naire ! »
C'est une chose difficile à comprendre, mais être admiré, complimenté et félicité parce qu'on a réussi à aller chercher du pain / décrocher un diplôme / faire du sport / élever ses enfant... n'est absolument pas flatteur.C'est même assez déstabilisant d’être applaudi pour avoir réalisé des choses parfaitement ordinaires. Vous ne nous en pensiez pas capable ? En réalité, ces compliments nous font sentir à quel point vous nous sous-estimez.
Dans la même veine, on a tendance à glorifier des personnalités extraordinaires qui relèvent des exploits sportifs ou changent le monde « malgré leur handicap ». Avec la petite phrase choc qui vous interpelle. “Quelle est votre excuse ?” Ou encore “Le seul handicap dans la vie, c’est une mauvaise attitude”. Et bien oui, il existe des gens extraordinaires parmi les personnes handicapées. Il en existe aussi des déjantés, des cons, des bienveillants, des malhonnêtes, etc. Et vous savez quoi ? Exactement dans la même proportion que dans la population globale ! Nous aussi subissons l’injonction derrière "Quelle est ton excuse ?". Parce que nous ne sommes pas tous capables de ces exploits. En nous supposant une force de caractère et une grandeur d’âme hors-normes, vous faites peser sur nous des attentes beaucoup trop lourdes. Laissez-nous revendiquer le droit à la médiocrité !

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lesdevalideuses - le 10 01 2020
Bonne résolution n°10
10. Je contribue au sous-titrage de mes vidéos Youtube favorites.
#JarrêteLeValidisme
Vous êtes plutôt Netflix ou Youtube ? L'avantage de Youtube, c'est la gratuité et la diversité des contenus (notamment "amateurs"). Par contre, contrairement à Netflix, les sous-titres c'est pas automatique.
Enfin si, justement. Mais ces sous-titres générés automatiquement montrent vite leurs limites lorsque les personnes parlent un peu rapidement, marmonnent ou utilisent des noms propres. En anglais ça fonctionne déjà mieux. Logique, le module a été conçu pour !
Un exemple concret ? Vous avez certainement vu passer la fameuse vidéo d'Inès Reg https://www.youtube.com/watch?v=4g-XbDdTThQ&feature=emb_logo. Maintenant lancez la sans le son, et activez les sous titres automatiques. Oui, c'est beaucoup moins fun d'un coup.
On a tendance à l'oublier, mais nos pratiques numériques sont porteuses de sens. A une époque où l'on consomme et partage plus que jamais des contenus audio (on pense aux podcasts, aux story instagram et autres vidéos partagées en masse), les personnes sourdes et malentendants se retrouvent discriminées.
Elles sont pourtant près de 6 millions en France, soit environ 9% de la population. La mise en accessibilité des vidéos par ceux qui les produisent devrait donc être la norme.
On pourrait rétorquer que regarder des vidéos n'est pas indispensable à une vie équilibrée, mais ce n'est pas le propos. Le sujet, c'est qu'alors que consommer des vidéos est devenu un acte quotidien pour des millions de personnes, les personnes sourdes et malentendantes de tous âges soient bien souvent exclues de ces pratiques sociales.
Est-il utile de rappeler que ces vidéos et contenus audio, au delà de leur aspect divertissant, sont aussi source de savoir, de culture et d'ouverture sur le monde ?
La bonne nouvelle, c'est que les vidéastes postant sur Youtube peuvent éditer leurs propres sous-titres, et peuvent aussi ouvrir cette possibilité à leur communauté !

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lesdevalideuses - le 09 01 2020
Bonne résolution n°9
Je demande l'accord d'une personne handicapée avant de l'aider à se déplacer.
#JarrêteLeValidisme
La rue peut être une jungle, entre la foule pressée, le bruit, les véhicules, les trottinettes électriques et autres moyens de transport... Même en bonne santé, le simple fait d'évoluer dans l'espace public peut être une épreuve.Il est donc logique d'imaginer que les choses sont plus difficiles pour les personnes handicapées. Et elles le sont. Mais pas toujours là où le croit... Vouloir aider une personne aveugle ou malvoyante qui semble peiner à circuler part toujours d'un bon sentiment. Hélas, cette aide se traduit souvent par une main inconnue qui attrape le bras sans avertissement, pour aider la personne handicapée à se diriger. Une situation effrayante, qui peut également désorienter. Êtes-vous sur que cette personne était réellement dans l'ennui ?
Si elle est dans la rue, c'est qu'elle est autonome et sait trouver son chemin sans aide. Pour le savoir, un seul moyen :lui demander. Il en va de même pour les personnes en fauteuil roulant. Si la personne semble en difficulté mais refuse votre aide, inutile d'insister.
Cette aide non sollicitée, en plus d'être déplacée, peut s'avérer dangereuse pour nous si vous nous manipulez d'une mauvaise façon. Peut-être avions nous les mains sur les roues, peut-être sommes-nous très sensibles aux secousses... Il est tellement fréquent que des inconnu.e.s attrapent le fauteuil sans le consentement des personnes handi, que certaines en sont arrivées à placer des bracelets à pics sur les poignées pour un effet dissuasif immédiat.Comme par exemple https://twitter.com/vivreavec_/status/1134814303385718786 (qui a été harcelé et menacé à cause de cette initiative, principalement par des personnes valides). De notre côté, on approuve totalement le coté punk. 🤘
Bien souvent, lors d'une réelle difficulté, l'aide sera acceptée avec plaisir. Mais ces difficultés sont bien moins fréquentes qu'on ne voudrait le croire, et les personnes handicapées souvent plus autonomes que beaucoup ne l'imaginent.

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lesdevalideuses - le 08 01 2020
Bonne résolution n°8
Je répond aux questions des enfants sur le handicap
#JarrêteLeValidisme
Un doigt pointé vers une personne en fauteuil roulant, et une voix claire qui demande "Dis papa, elle a quoi la dame ?". Peut-être avez-vous déjà assisté à ce genre de situation, et à l'embarras que celle-ci semble susciter chez le parent pris à parti. Parent qui va probablement bafouiller et essayer de changer de sujet le plus vite possible. À cause de sa méconnaissance du sujet, de la peur de mal répondre ou tout simplement de sa propre gêne.
Pourtant, comme pour l'homosexualité, le handicap gêne souvent bien plus les adultes que les jeunes enfants, qui ont l'esprit ouvert et sont prêts à accepter toutes les différences sans jugement. Même si parler de ce sujet vous semble gênant, leur faire sentir qu'il s'agit là d'une discussion délicate ou pire, tabou, ne les aidera pas plus tard à se comporter de façon humaine, respectueuse et somme toute "normale", avec les personnes handicapées.
Si vous ressentez le besoin de différer la discussion pour prendre le temps de vous renseigner, ou pour choisir les meilleurs mots pour en parler, n'hésitez pas. Mais une réponse doit être donnée à ces questions.
La première étape pour en parler est certainement de souligner que les personnes handicapées sont avant tout des personnes, et qu'elles ne se résument pas à leur handicap. Que oui, on peut avoir besoin d'un appareil pour se déplacer ou respirer, ou d'aller souvent à l’hôpital. Que le handicap peut exister dès la naissance, apparaître suite à une maladie ou à un accident.
Pouvoir en parler librement, sans gêne, misérabilisme ou condescendance est essentiel.
Faites confiance aux enfants pour digérer ces informations, ils n'en deviendront que plus ouverts à la différence et au respect dû à chaque être humain, quelles que soient ses particularités.
Quelques livres pour parler du handicap aux enfants
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/eveil-activites/biblio-enfants/des-livres-pour-parler-du-handicap

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lesdevalideuses - le 07 01 2020
Bonne résolution n°7
Je dis "langue des signes" et non pas "language
#JarrêteLeValidisme
Langue, langage, c'est la même chose, on chipoterait pas un peu quand même ? C'est ce que vous vous dites probablement en lisant ces lignes. Mais les mots ont un sens, et l'utilisation du bon terme n'est pas anodine. Un langage est un système structuré de signes non verbaux remplissant une fonction de communication (ex : langage gestuel, langage animal) C'est quelque chose de basique et rudimentaire.Tandis qu'une langue, c'est un système de signes vocaux, éventuellement graphiques, propre à une communauté d'individus, qui l'utilisent pour s'exprimer et communiquer entre eux. Une langue possède sa propre grammaire et sa propre syntaxe. Comme le français, l'anglais... Ou la langue des signes !
Il n'existe d'ailleurs pas une seule langue des signes mais plusieurs. L'idée préconçue voudrait que toutes les personnes sourdes parlent la même langue, parce que ce serait tout de même plus logique et plus pratique pour se comprendre, pourquoi il y en aurait-il plusieurs ? Et bien, pour les mêmes raisons qu'il existe des langues différentes dans les différents pays du monde. Tout comme les langues orales, la langue des signes est variée et chargée d'histoire.
En français, il existe entre autres la Langue des Signes Française (LSF : Europe/ France) et la Langue des Signes Québécoise (LSQ). En anglais, on peut citer l'American Sign Language ou l'Australian Sign Language.
A savoir, La Loi n°2005-102 du 11 février 2005 reconnaît officiellement la (LSF) comme « langue à part entière ». Elle peut même être choisie comme option au Bac, comme n'importe quelle autre langue.
Quelques sources pour aller plus loin :
Site web Le monde des sourds : https://le-monde-des-sourds.fr/la-langue-des-signes-2/
Vidéo "Pourquoi dit-on Langue des Signes ?" https://youtu.be/24kv4Vmicok
La chaine youtube de @MelanieLmst https://www.youtube.com/channel/UCNFhDctkot31eMVV-yqJ2vw

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