lesdevalideuses - le 30 03 2021
Ces derniers temps, nous avons été moins actives sur l'actu que souhaité, mais nous avions une bonne raison ! On travaillait dur sur notre structuration interne. Du coup, on a quelques trucs à vous annoncer ! (Merci à @little_yokai pour cette superbe illustration)
⭐ Nouvelle n° 1 : "Les Dévalideuses" est maintenant une association loi 1901 ! Des statuts, un compte bancaire, nous nous installons pour devenir INDÉBOULONNABLES !
⭐ Nouvelle n° 2 : Le Manifeste des Dévalideuses. ! Vous commencez maintenant à bien nous connaître, nous et nos positions, mais il était temps de formuler tout cela de façon claire. Vous pouvez lire l’intégralité de ce texte sur notre site web.
⭐ Nouvelle n° 3 : Tout cela nous permet de lancer officiellement une campagne d'adhésion ! Les adhésions sont ouvertes à tous et à toutes, chacun.e aura accès à un Discord dédié pour échanger avec nous et entre membres.
⭐ Nouvelle n°4 : Nous allons bientôt vous proposer une newsletter trimestrielle ! La première arrivera sûrement en juin, on vous en reparle très vite. On a encore plein d'actu chaude dans les tuyaux, mais on en garde pour plus tard...
(Et on en profite pour rappeler qu’on ne répond pas aux DM Instagram, pas assez de temps pour ça sorry, si vous voulez nous contacter merci de passer par Twitter ou notre formulaire de contact)

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 09 03 2021
Clemyx porte la parole des Dévalideuses pour réclamer l'émancipation et l'indépendance financière des personnes handicapées et malades.
Pour que les personnes handicapées soient enfin reconnues, non pas comme des objets de soin, mais comme des sujets de droit. ✊
#ObjectifAutonomie #AAH
Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 09 03 2021
Nous sommes présentes avec @actup_paris à la mobilisation devant le Sénat pour exiger la désolidarisation de l'AAH pour les personnes handicapées en couple.
#payetonhandicap #AAH
#ObjectifAutonomie
Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 22 02 2020
Nous sommes en place ! Retrouvez nous a la Kermesse féministe des Ourses à Plumes, au 40 rue de Montreuil, Paris, chez Bonjour, madame ! Que ce soit pour vous procurer des goodies, discuter où manger quelques bonbons 😁
Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 08 02 2020
Pour fêter la parution du 2ème numéro de leur revue féministe, les Ourses à plumes organisent une kermesse féministe le 22 Février 2020 ! Ca se passera à Paris, à la Féministhèque qui gérée par l'association @HumansforWomen, à la MIE Bastille - 50 Rue des Tournelles, 75003 Paris. La kermesse aura lieu de 14h à 18h.
Pour cette occasion nous serons présente pour présenter notre (bébé) collectif et ses ambitions. Histoire de pas arriver les mains vide, on vendra des badges "dévalideuses" ainsi qu'un sticker dessiné par @little_yokai pour l'occasion ! Les stocks sont limités donc si vous en voulez n'hésitez pas à venir en début d'après-midi :) Au plaisir de vous rencontrer !
Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 31 01 2020
Bonne résolution n°31
Je m'approprie le terme "validisme" et j'en parle autour de moi.
#JarrêteLeValidisme
Si vous êtes arrivé jusque ici, vous avez certainement lu toutes nos résolutions précédentes. Parce que vous suivez notre compte, ou parce qu'un de vos contacts partage ce genre d'informations. De fait, nous supposons que vous êtes déjà soit concerné par le handicap, soit sensibilisé à la question de par votre entourage. Si vous êtes valide, vous avez peut-être découvert quelques petites choses, mais une partie de vous se trouve un peu... désarçonnée ? Vous vous voyez comme une personne ouverte, respectueuse des autres, et vous avez du mal à vous reconnaître dans les situations présentées.
Tous ces exemples là, ça ne serait pas un peu exagéré ? Il y a vraiment des personnes qui cumulent tous ces travers de comportements et préjugés vis-à-vis des personnes handicapées ? Malheureusement, vous n'avez pas idée d'à quel point tous ces sujets abordés résonnent pour nous. Vous n'avez pas idée du validisme auquel nous faisons face chaque jour, quel que soit notre handicap. Des barrières matérielles et psychologiques qui nous séparent du reste de la société. Le validisme est partout, il est à la fois structurel et individuel, insidieux et criant, et surtout, il est toujours discriminant.
Entendre parler de paresse parce qu'on utilise un fauteuil plutôt que des béquilles, se voir refuser une contraception parce qu'on présente un handicap mental, voir nos choix de vie remis en question par des inconnus, être déplacé comme du mobilier, subir des gestes infantilisants, intrusifs ou maltraitants, être considéré comme une charge pour la société, ne pas pouvoir accéder à la culture et aux lieux de convivialité faute d'accessibilité... Toutes ces situations sont réelles, fréquentes, et inacceptables. Si vous avez lu attentivement nos 31 bonnes résolutions, bravo, vous en savez déjà probablement plus que beaucoup de vos proches. Maintenant, à vous de jouer !
Essayez d'analyser vos préjugés et attitudes chaque fois que vous rencontrerez les situations décrites. Ne soyez pas surpris(e) : oui, vous avez probablement des tas de travers validistes.

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 30 01 2020
Bonne résolution n°30
Je cesse de considérer le handicap... comme un privilège.
#JarrêteLeValidisme
Oui ça parait absurde asséné comme ça, mais il est un autre cliché qui survit péniblement, c'est celui du soit-disant "privilège" lié au handicap. Alors ce qu'on se demande spontanément c'est "d'où vient ce cliché ?" A quel moment peut-on décemment penser que la vie quotidienne d'une personne handicapée, qu'elle soit autiste, tétraplégique, sourde, dyspraxique ou schizophrène, est faite de privilèges ?
On se dit déjà que si les fictions ne nous servaient pas régulièrement le cliché de la personne "lourdement" handicapée, malheureuse MAIS pleine aux as, on n'en serait peut-être pas là. Mais en réalité, quels sont ces soit-disant privilèges que vous nous enviez tant ?... Les "avantages" liés à la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH), et à notre formidable quota d'embauche en entreprise ? En vrai, la RQTH est très loin d'être automatique, elle nécessite de remplir un énorme dossier et d'exposer une partie de notre vie intime à l'administration. Et même avec un handicap à vie, il faut régulièrement renouveler nos droits sous peine de les perdre ! (il semble que cette règle absurde va être révisée, mais on attend de le voir pour le croire...) Pour les études aussi nous sommes discriminés. Locaux inaccessibles, manque de moyens humains et financiers pour nous permettre de suivre nos cursus (quand ça n'est pas un manque flagrant de bonne volonté), difficultés de communication liées à notre handicap... C'est vrai, si on arrive à dépasser tout ça, on pourra éventuellement bénéficier d'un temps additionnel ou d'autres mesures pour passer nos examens. Ou d'accès prioritaires pour certains concours. Une bien maigre consolation quand on sait les difficultés pour arriver jusque là.
Ce sont nos minimas sociaux qui vous font rêver ? Savez-vous que l'AAH est encore sous le seuil de pauvreté ? Ou bien, est-ce cette joie d'avoir constamment quelqu'un à nos côtés pour nous lever, nous laver, nous nourrir, et nous transporter ? Ah ça oui on se la coule douce hein.

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 29 01 2020
Bonne résolution n°29
Je prends en considération les handicaps de mes proches.
#JarrêteLeValidisme
Dans votre cercle familial, amical ou professionnel, vous côtoyez probablement des personnes handicapées. Notre vécu vous questionne, c'est naturel et plutôt sain. Mais pour vous éviter quelques indélicatesses, laissez-nous vous donner quelques conseils.
Déjà, entre nous, quel est le but de votre démarche ? Si vous souhaitez mieux connaître notre handicap afin d'identifier précisément comment nous aider (en cas de crise par exemple), ou simplement pour mieux communiquer avec nous, alors parfait, parlons-en !
S'il s'agit en revanche d'une simple curiosité personnelle "juste pour savoir", abstenez-vous. Nos vies ne sont pas des vitrines, et "c'est quoi ton handicap ?" n'est vraiment pas une question à poser à quelqu'un que l'on vient à peine de rencontrer !
Nous sommes généralement d'accord pour répondre aux questions, tant qu'elles sont franches et non intrusives.
Et n'aillez pas peur des mots, rappelez-vous que le handicap n'est pas une chose honteuse ou dégradante ! Il n'y a donc aucun problème à parler de ce que nous vivons tant qu'il ne s'agit pas d'assouvir une curiosité mal placée. C'est parfois même un soulagement de pouvoir aborder simplement le sujet et d'apporter des consignes simples, comme par exemple "articule sans crier pour me parler". Chaque cas est tellement spécifique qu'il vaut mieux questionner directement la personne concernée. Mais attention, nous ne vous devons aucune pédagogie ! Si une personne refuse d'en parler c'est tout à fait son droit. Il nous arrive trop souvent de devoir justifier notre handicap. Retenez l'essentiel, et si vous le souhaitez, rien ne vous empêche de vous renseigner ensuite sur internet. Vous éduquer sur le handicap sans nous faire porter cette charge, voilà ce qui nous soulagerait vraiment !

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 29 01 2020
Bonne résolution n°28
Je change mes habitudes pour rendre internet plus accessible.
#JarrêteLeValidisme
Vous avez remarqué ces petites phrases bizarres qu'on met entre crochets, qui décrivent les gifs qu'on utilise ? Hé oui, elle sont là pour permettre aux personnes non-voyantes de profiter de cette petite touche d'humour dont on aime truffer nos tweets ! Tout comme vous ! On dit souvent "Internet c'est formidable pour les personnes handicapées" et c'est globalement vrai, mais c'est oublier qu'un handicap n'est pas toujours moteur.
Pour les personnes non-voyantes en particulier, internet est encore presque aussi inaccessible que le métro parisien. Mais les personnes malvoyantes et aveugles ne sont pas les seules à rencontrer des difficultés pour naviguer !
Les personnes dyslexiques, dyspraxiques, avec des troubles de l'attention, sourdes ou avec une déficience mentale ont aussi besoin d'un net simple d'accès !
Vous êtes vous déjà demandé comment les personnes aveugles et mal-voyantes utilisaient un ordinateur, et plus précisément internet ? Il existe différents outils comme des lecteurs d'écran, claviers spécifiques et tablette en braille. Vous êtes vous déjà demandé comment les personnes aveugles et mal-voyantes utilisaient un ordinateur, et plus précisément internet ? Mais pour que ces outils fonctionnent correctement, il faudrait déjà qu'internet ne leur tende pas de piège ! En théorie, le web est conçu pour fonctionner pour tous les internautes, quel que soit leur matériel, logiciel, langue, ou capacités. Cependant, lorsqu’un site web, une technologie ou un outil est mal conçu, il peut créer des barrières empêchant des personnes d’utiliser le web.
Vous allez dire, tout ça c'est bien beau, mais qu'est-ce qu'on vient faire là dedans ?! Et bien il existe de nombreuses manières, pour les internautes, de contribuer à rendre le web un peu plus accessible sans connaissances techniques pointues ! Si vous tenez un blog Wordpress par exemple, beaucoup d'outils et d'aides sont à votre disposition pour vous aider à rendre votre contenu plus accessible : https://fr.wordpress.org/about/accessibilityEt même si vous êtes simplement utilisateur ou utilisatr

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 28 01 2020
Bonne résolution n°27
27. Je découvre l'existence de la crip culture.
#JarrêteLeValidisme
Tout comme il existe des communautés queers, féministes ou racisées, il existe une vraie communauté handi, qui s'exprime de moins en moins timidement pour faire entendre sa voix. Et cette communauté, dont nous faisons partie, a sa propre culture, qu'on appelle la "crip culture". Les Etats-Unis et autres pays anglo-saxons sont souvent précurseurs dans le domaine des sciences sociales, et c'est là-bas que sont nées les disability studies (études sur le handicap), dans les années 60. Le militantisme handi a vu le jour dans les facs américaines à cette même période. De ce mouvement va découler la théorie appelée "modèle social" du handicap, principal socle du positionnement de nos mouvements handis actuels. Le modèle médical, jusqu'alors dominant, considère le handicap comme l'expérience individuelle d'une défaillance du biologique. Le modèle social, lui, replace le problème sur le collectif : le handicap découle avant tout de l'inadaptation de nos environnements.
Et ça change tout ! En France, c'est le CLH (Comité de Lutte des Handicapés), et leur "journal des handicapés méchants" publié dès 1974, qui vont à leur tour porter ces questions sur la place publique et tenter de casser les stéréotypes autour du handicap. Malheureusement, le collectif s'arrêtera en 1980, ne laissant place à aucune relève similaire, et leur parole reste très peu connue du grand public, mais leur empreinte dans la culture handi française reste précieuse et fondatrice. Merci les frangin.e.s ! <3
Il est important de préciser ici que les théories "queer" - comme la déconstruction des identités, la redéfinition du légitime et de l'illégitime, ou le retournement du stigmate - ont eu un grand impact sur l'étude du handicap et la crip culture. Le retournement du stigmate, pour une communauté, c'est se réapproprier les mots stigmatisants proférés à son encontre, pour les valoriser et les revendiquer. Comme le mot "pute" pour les travailleuses du sexe. Pour les personnes handicapées, ça a été de se réapproprier le "crip".

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 26 01 2020
Bonne résolution n°26
26. Je ne remets pas en question les projets d'une personne handicapée.
#JarrêteLeValidisme
C'est drôle (non) mais nous personnes handicapées, vivons généralement sous le sceau d'un double standard. Nous sommes souvent "pas assez handicapés" pour recevoir telle aide financière ou effectuer des petites tâches du quotidien, mais en même "trop handicapés" pour mener librement la vie qu'on entend. Un exemple concret ? On est généralement hyper enthousiaste quand un.e ami.e, au détour d'une conversation, nous confie ses projets les plus fous : déménager à Londres, entreprendre une année d'étude au Japon, sauter en parachute, acheter une vieille maison pour la rénover, ou simplement se marier et avoir des enfants. Bizarrement, cet enthousiasme débordant se transforme en interrogatoire angoissé voire outré, lorsque la personne en face est en fauteuil roulant, ou présente n'importe quel autre handicap assez lourd. "Dans ton état ?? Mais comment tu vas faire ? Tu as pensé à ton traitement ?..." Se mettre en couple, fonder une famille, vivre en autonomie, voyager, participer à des activités... sont autant de décisions qui devraient n'appartenir qu'aux personnes concernées. Et d'autant plus dans nos situations. Vous n'avez pas idée de nos quotidiens, nous oui. Et nous connaissons parfaitement nos contraintes. En remettant sans cesse nos projets en question, vous contribuez à nous infantiliser, et à nous déposséder de cette liberté de choix si essentielle à chaque être humain. Et cela se manifeste particulièrement lorsqu'on touche à la parentalité.
Il est communément admis que le souhait d'enfant, pour une personne handicapée, est un souhait égoïste, soit parce que notre handicap est génétique, soit parce que nous sommes jugés "trop handicapés" pour élever un enfant.
Et les gens ne se privent pas d'exprimer ouvertement leur opinion ! "Est-ce que c'est bien raisonnable ? Tu ne te rends pas compte de l'énergie que cela représente. Et quelle vie pour lui ? Qu'est-ce que tu vas lui dire plus tard ?" Et bien, on lui dira la vérité ! Pourquoi notre handicap serait-il un frein à la parentalité ?

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 25 01 2020
Bonne résolution n°25
Je considère les aides techniques comme vecteurs de liberté !
#JarrêteLeValidisme "Pauvre enfant, CLOUÉ sur son fauteuil, EMPRISONNÉ dans un corset". On entend souvent ces expressions dramatiques au Téléthon, et elles représentent hélas des opinions bien répandues. Et ohlala, laissez-nous vous dire que ça n'est PAS DU TOUT notre ressenti ! :-D
Êtes-vous cloués dans votre voiture ? Dépendants de vos lunettes ? Emprisonnés dans vos chaussures ?
Lorsqu'une aide technique fait son apparition (fauteuil, canne blanche, corset, appareil auditif...), elle ne surgit pas de nulle part. Parfois bien sûr, le besoin se fait brutal, urgent, mais beaucoup plus souvent, il fait suite à un cheminement sur des mois ou des années.Pendant tout ce temps, on peine, on fait des efforts immenses pour marcher, communiquer, ou même respirer comme "tout le monde". On veut (se ?) prouver qu'on en en est capables. Il ne faudrait surtout pas céder à la facilité ! Et puis on n'en est pas là. Le matériel technique médical est généralement perçu comme un renoncement dramatique. Le début de la fin, un pied dans la tombe. On entend souvent les valides dire "je ne veux pas finir en fauteuil", "dépendre d'une machine" ou "vivre accroché à des tuyaux". Mais attendez, une aide technique n'est pas une fin, c'est un début ! Quand on accepte enfin de se laisser aider, c'est un soulagement incroyable. Ça change nos vies, ça ouvre des possibles ! C'est pas une régression, c'est un gain brut de confort et de liberté ! Avez-vous déjà vu l'éclat de joie d'un tout petit qui fait ses premiers pas en fauteuil ? Ou qui entend enfin la voix de ses parents grâce à un appareil auditif ? Et le respirateur qui permet à cette meuf de pouvoir travailler et sortir sans se sentir mourir à chaque effort : une régression, vraiment ?
L'autonomie ça n'est pas de "pouvoir faire comme tout le monde". L'autonomie c'est parfois juste "pouvoir faire". Souvent les interventions chirurgicales ou prothèses nous sont sont vivement recommandées, du moment qu'elles visent à avoir l'air normal. Une prothèse de jambes ? YAY ! Ça ne voit pas du tout que tu es handicapé !

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 24 01 2020
Bonne résolution n°24
Je crois ce que me dit une personne handi sur ses capacités.
#JarrêteLeValidisme
De l'extérieur, et même en ayant des connaissances sur le sujet, il est bien difficile de savoir ce qu'une personne handicapée est en mesure de faire, ou pas.Personne mieux qu'elle ne peut savoir quelles sont ses capacités et ses limites.De plus, les apparences peuvent être trompeuses, car la plupart des personnes handicapées passent leur temps à masquer autant que possible leurs difficultés, afin de s’intégrer du mieux possible dans la société.
Une personne malentendante fera mine de suivre la conversation alors que le bruit ambiant l'en empêche. Une personne avec des douleurs chroniques serrera les dents et endurera la douleur pour pouvoir continuer à suivre ses amis alors qu'elle sait qu'elle le payera le lendemain. Une personne autiste se fera violence pour ne pas stimmer (= avoir des mouvements répétitifs), lors d'un repas de famille pour ne pas attirer les regards sur elle.
C'est souvent difficile pour une personne handicapée de poser ses limites. Alors écoutez-la et surtout, croyez la ! Si elle affirme ne pas pouvoir faire une activité, c'est à raison.Même si elle a déjà pratiqué cette activité par le passé ! Le handicap peut être quelque chose de fluctuant. Un jour l’énergie sera là, le lendemain impossible de sortir du lit... L’énergie est donc une ressource limitée avec laquelle nous devons composer au quotidien.
C'est ce qu'on appelle la "théorie des cuillères", expression inventée par Christine Miserandino, atteinte de Lupus (maladie chronique invalidante). Afin d'expliquer à une amie comment elle vivait sa maladie au quotidien, elle prit un bouquet de petites cuillères, et lui expliqua que chaque matin, elle démarrait la journée avec une quantité d'énergie limitée. Elle l'invita ensuite à imaginer une journée ordinaire, où chaque geste, même anodin, lui coûterait. Téléphoner, 1 cuillère. Un shampoing, bam, 3 cuillères ! Le soir, elle n'avait plus qu'une seule cuillère et devait choisir entre cuisiner ou pratiquer un loisir pour se détendre.

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 23 01 2020
Bonne résolution n°23
Je cesse de sur-valoriser l'entourage des personnes handicapées.
#JarrêteLeValidisme
Contrairement à l’image répandue de la personne handicapée triste et solitaire, nous sommes souvent bien entourés. Nous avons des conjoint.e.s, enfants, ami.e.s, famille, collègues.… Le handicap lui-même est une expérience individuelle qui ne peut jamais être complètement partagée, mais on ne va pas le nier, tout le vécu autour imprègne bien évidemment la vie de nos proches. Déjà très concrètement, le quotidien avec nous nécessite souvent d'être adapté à nos besoins : alimentation, choix d’ameublement, sorties, etc. Et puis il y a les rendez-vous médicaux, les possibles crises physiques ou mentales, les aménagements du temps de travail, et l’inquiétude…
Aux yeux de la société, nos conjoints sont souvent considérés comme nos soignants avant d'être de simples partenaires de vie. En public ou en privé, on souligne leur courage et leur abnégation, on chuchote souvent « moi, je pourrais pas avoir une relation avec un.e handi ». Bien sûr ils font des concessions, nous consacrent du temps et de l’énergie. Mais ça n’est pas la base de toute relation ? Vous ne vous adaptez pas à votre conjoint.e qui est vegan, sportif de haut niveau, ou pue des pieds ? Hé oui, l’amour pousse à faire de sacrés efforts ! Parce que bien sûr, il y a de l’amour. Pas juste de la bonté, c'est pas une « vocation » hein.
En plaçant nos proches sur un piédestal, en encensant leur dévouement, on oublie qu'il ne s'agit pas d’une relation à sens unique. S’ils sont avec nous, c'est peut-être parce qu'on est des personnes formidables ? ;-) Nous les faisons rire, les aimons, les soutenons. Nous leur rappelons leur rendez-vous, organisons les prochaines vacances, leur faisons découvrir un nouveau livre, écoutons leurs problèmes de boulot, les câlinons. Hé oui, nous sommes finalement bien ordinaires... Mais n’allez pas croire que nous nions la charge de travail que notre handicap leur procure ! Parfois, nos parents ou conjoints se retrouvent à effectuer un emploi H24, rebaptisés alors « aidants familiaux». Ils mettent leur vie de côté et nous donnent toute leur énergie.

Ouvrir sur instagram
lesdevalideuses - le 23 01 2020
Bonne résolutions n°22.
Je signale les personnes handicapées victimes de violences ou maltraitances.
#JarrêteLeValidisme
Plus encore que les personnes valides, les personnes handicapées (tous âges confondus) sont particulièrement victimes de violences et maltraitances, principalement infligées par l'entourage proche, et parfois même au sein des institutions censées prendre soin de ces personnes.
La maltraitance peut être physique, psychologique, financière, médicale ou sexuelle. Ça peut être un parent qui culpabilise et infantilise son ado handicapé, détruisant ainsi sa confiance en lui. Ça peut être un conjoint qui abuse de sa compagne avec des troubles psy, sachant qu'elle est financièrement dépendante de lui. Ça peut aussi être une aide soignante qui néglige son patient alité et le laisse souvent dans des draps souillés parce que son service est en sous-effectif depuis des années. Parce qu'elle renvoie à une diversité de situations, la maltraitance est souvent bien plus complexe à identifier que les cas de violence.
C'est simple, si on dispose de quelques chiffres concernant les violences faites aux femmes handicapées, la maltraitance, elle, n'a jamais été clairement évaluée en France, que ce soit en milieu familial ou médicalisé.Le Sénat estime de son côté que le nombre extrêmement faible de signalements (à peine 209 en 2002) constitue le meilleur aveu de la sous-estimation de la maltraitance envers les personnes handicapées accueillies en établissements. Même si nous luttons au quotidien pour combattre les stéréotypes et proposer une image forte des personnes handicapées, dans la réalité, nos faiblesses nous exposent davantage aux violences. Le handicap est d'ailleurs considéré comme un élément de vulnérabilité, d'un point de vue pénal. Lorsque le handicap nous prive de notre liberté de mouvement, de notre indépendance financière, de notre autonomie, de notre capacité de raisonnement ou de nos facultés intellectuelles, nous ne pouvons lutter à armes égales contre les personnes qui nous maltraitent.

Ouvrir sur instagram
Page précédente >Page suivante>
page 21/23