lesdevalideuses - le 30 01 2020

Bonne résolution n°30 Je cesse de considérer le handicap... comme un privilège. #JarrêteLeValidisme Oui ça parait absurde asséné comme ça, mais il est un autre cliché qui survit péniblement, c'est celui du soit-disant "privilège" lié au handicap. Alors ce qu'on se demande spontanément c'est "d'où vient ce cliché ?" A quel moment peut-on décemment penser que la vie quotidienne d'une personne handicapée, qu'elle soit autiste, tétraplégique, sourde, dyspraxique ou schizophrène, est faite de privilèges ? On se dit déjà que si les fictions ne nous servaient pas régulièrement le cliché de la personne "lourdement" handicapée, malheureuse MAIS pleine aux as, on n'en serait peut-être pas là. Mais en réalité, quels sont ces soit-disant privilèges que vous nous enviez tant ?... Les "avantages" liés à la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH), et à notre formidable quota d'embauche en entreprise ? En vrai, la RQTH est très loin d'être automatique, elle nécessite de remplir un énorme dossier et d'exposer une partie de notre vie intime à l'administration. Et même avec un handicap à vie, il faut régulièrement renouveler nos droits sous peine de les perdre ! (il semble que cette règle absurde va être révisée, mais on attend de le voir pour le croire...) Pour les études aussi nous sommes discriminés. Locaux inaccessibles, manque de moyens humains et financiers pour nous permettre de suivre nos cursus (quand ça n'est pas un manque flagrant de bonne volonté), difficultés de communication liées à notre handicap... C'est vrai, si on arrive à dépasser tout ça, on pourra éventuellement bénéficier d'un temps additionnel ou d'autres mesures pour passer nos examens. Ou d'accès prioritaires pour certains concours. Une bien maigre consolation quand on sait les difficultés pour arriver jusque là. Ce sont nos minimas sociaux qui vous font rêver ? Savez-vous que l'AAH est encore sous le seuil de pauvreté ? Ou bien, est-ce cette joie d'avoir constamment quelqu'un à nos côtés pour nous lever, nous laver, nous nourrir, et nous transporter ? Ah ça oui on se la coule douce hein.

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lesdevalideuses - le 29 01 2020

Bonne résolution n°29 Je prends en considération les handicaps de mes proches. #JarrêteLeValidisme Dans votre cercle familial, amical ou professionnel, vous côtoyez probablement des personnes handicapées. Notre vécu vous questionne, c'est naturel et plutôt sain. Mais pour vous éviter quelques indélicatesses, laissez-nous vous donner quelques conseils. Déjà, entre nous, quel est le but de votre démarche ? Si vous souhaitez mieux connaître notre handicap afin d'identifier précisément comment nous aider (en cas de crise par exemple), ou simplement pour mieux communiquer avec nous, alors parfait, parlons-en ! S'il s'agit en revanche d'une simple curiosité personnelle "juste pour savoir", abstenez-vous. Nos vies ne sont pas des vitrines, et "c'est quoi ton handicap ?" n'est vraiment pas une question à poser à quelqu'un que l'on vient à peine de rencontrer ! Nous sommes généralement d'accord pour répondre aux questions, tant qu'elles sont franches et non intrusives. Et n'aillez pas peur des mots, rappelez-vous que le handicap n'est pas une chose honteuse ou dégradante ! Il n'y a donc aucun problème à parler de ce que nous vivons tant qu'il ne s'agit pas d'assouvir une curiosité mal placée. C'est parfois même un soulagement de pouvoir aborder simplement le sujet et d'apporter des consignes simples, comme par exemple "articule sans crier pour me parler". Chaque cas est tellement spécifique qu'il vaut mieux questionner directement la personne concernée. Mais attention, nous ne vous devons aucune pédagogie ! Si une personne refuse d'en parler c'est tout à fait son droit. Il nous arrive trop souvent de devoir justifier notre handicap. Retenez l'essentiel, et si vous le souhaitez, rien ne vous empêche de vous renseigner ensuite sur internet. Vous éduquer sur le handicap sans nous faire porter cette charge, voilà ce qui nous soulagerait vraiment !

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lesdevalideuses - le 28 01 2020

Bonne résolution n°27 27. Je découvre l'existence de la crip culture. #JarrêteLeValidisme Tout comme il existe des communautés queers, féministes ou racisées, il existe une vraie communauté handi, qui s'exprime de moins en moins timidement pour faire entendre sa voix. Et cette communauté, dont nous faisons partie, a sa propre culture, qu'on appelle la "crip culture". Les Etats-Unis et autres pays anglo-saxons sont souvent précurseurs dans le domaine des sciences sociales, et c'est là-bas que sont nées les disability studies (études sur le handicap), dans les années 60. Le militantisme handi a vu le jour dans les facs américaines à cette même période. De ce mouvement va découler la théorie appelée "modèle social" du handicap, principal socle du positionnement de nos mouvements handis actuels. Le modèle médical, jusqu'alors dominant, considère le handicap comme l'expérience individuelle d'une défaillance du biologique. Le modèle social, lui, replace le problème sur le collectif : le handicap découle avant tout de l'inadaptation de nos environnements. Et ça change tout ! En France, c'est le CLH (Comité de Lutte des Handicapés), et leur "journal des handicapés méchants" publié dès 1974, qui vont à leur tour porter ces questions sur la place publique et tenter de casser les stéréotypes autour du handicap. Malheureusement, le collectif s'arrêtera en 1980, ne laissant place à aucune relève similaire, et leur parole reste très peu connue du grand public, mais leur empreinte dans la culture handi française reste précieuse et fondatrice. Merci les frangin.e.s ! <3 Il est important de préciser ici que les théories "queer" - comme la déconstruction des identités, la redéfinition du légitime et de l'illégitime, ou le retournement du stigmate - ont eu un grand impact sur l'étude du handicap et la crip culture. Le retournement du stigmate, pour une communauté, c'est se réapproprier les mots stigmatisants proférés à son encontre, pour les valoriser et les revendiquer. Comme le mot "pute" pour les travailleuses du sexe. Pour les personnes handicapées, ça a été de se réapproprier le "crip".

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lesdevalideuses - le 26 01 2020

Bonne résolution n°26 26. Je ne remets pas en question les projets d'une personne handicapée. #JarrêteLeValidisme C'est drôle (non) mais nous personnes handicapées, vivons généralement sous le sceau d'un double standard. Nous sommes souvent "pas assez handicapés" pour recevoir telle aide financière ou effectuer des petites tâches du quotidien, mais en même "trop handicapés" pour mener librement la vie qu'on entend. Un exemple concret ? On est généralement hyper enthousiaste quand un.e ami.e, au détour d'une conversation, nous confie ses projets les plus fous : déménager à Londres, entreprendre une année d'étude au Japon, sauter en parachute, acheter une vieille maison pour la rénover, ou simplement se marier et avoir des enfants. Bizarrement, cet enthousiasme débordant se transforme en interrogatoire angoissé voire outré, lorsque la personne en face est en fauteuil roulant, ou présente n'importe quel autre handicap assez lourd. "Dans ton état ?? Mais comment tu vas faire ? Tu as pensé à ton traitement ?..." Se mettre en couple, fonder une famille, vivre en autonomie, voyager, participer à des activités... sont autant de décisions qui devraient n'appartenir qu'aux personnes concernées. Et d'autant plus dans nos situations. Vous n'avez pas idée de nos quotidiens, nous oui. Et nous connaissons parfaitement nos contraintes. En remettant sans cesse nos projets en question, vous contribuez à nous infantiliser, et à nous déposséder de cette liberté de choix si essentielle à chaque être humain. Et cela se manifeste particulièrement lorsqu'on touche à la parentalité. Il est communément admis que le souhait d'enfant, pour une personne handicapée, est un souhait égoïste, soit parce que notre handicap est génétique, soit parce que nous sommes jugés "trop handicapés" pour élever un enfant. Et les gens ne se privent pas d'exprimer ouvertement leur opinion ! "Est-ce que c'est bien raisonnable ? Tu ne te rends pas compte de l'énergie que cela représente. Et quelle vie pour lui ? Qu'est-ce que tu vas lui dire plus tard ?" Et bien, on lui dira la vérité ! Pourquoi notre handicap serait-il un frein à la parentalité ?

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lesdevalideuses - le 25 01 2020

Bonne résolution n°25 Je considère les aides techniques comme vecteurs de liberté ! #JarrêteLeValidisme "Pauvre enfant, CLOUÉ sur son fauteuil, EMPRISONNÉ dans un corset". On entend souvent ces expressions dramatiques au Téléthon, et elles représentent hélas des opinions bien répandues. Et ohlala, laissez-nous vous dire que ça n'est PAS DU TOUT notre ressenti ! :-D Êtes-vous cloués dans votre voiture ? Dépendants de vos lunettes ? Emprisonnés dans vos chaussures ? Lorsqu'une aide technique fait son apparition (fauteuil, canne blanche, corset, appareil auditif...), elle ne surgit pas de nulle part. Parfois bien sûr, le besoin se fait brutal, urgent, mais beaucoup plus souvent, il fait suite à un cheminement sur des mois ou des années.Pendant tout ce temps, on peine, on fait des efforts immenses pour marcher, communiquer, ou même respirer comme "tout le monde". On veut (se ?) prouver qu'on en en est capables. Il ne faudrait surtout pas céder à la facilité ! Et puis on n'en est pas là. Le matériel technique médical est généralement perçu comme un renoncement dramatique. Le début de la fin, un pied dans la tombe. On entend souvent les valides dire "je ne veux pas finir en fauteuil", "dépendre d'une machine" ou "vivre accroché à des tuyaux". Mais attendez, une aide technique n'est pas une fin, c'est un début ! Quand on accepte enfin de se laisser aider, c'est un soulagement incroyable. Ça change nos vies, ça ouvre des possibles ! C'est pas une régression, c'est un gain brut de confort et de liberté ! Avez-vous déjà vu l'éclat de joie d'un tout petit qui fait ses premiers pas en fauteuil ? Ou qui entend enfin la voix de ses parents grâce à un appareil auditif ? Et le respirateur qui permet à cette meuf de pouvoir travailler et sortir sans se sentir mourir à chaque effort : une régression, vraiment ? L'autonomie ça n'est pas de "pouvoir faire comme tout le monde". L'autonomie c'est parfois juste "pouvoir faire". Souvent les interventions chirurgicales ou prothèses nous sont sont vivement recommandées, du moment qu'elles visent à avoir l'air normal. Une prothèse de jambes ? YAY ! Ça ne voit pas du tout que tu es handicapé !

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lesdevalideuses - le 23 01 2020

Bonne résolution n°23 Je cesse de sur-valoriser l'entourage des personnes handicapées. #JarrêteLeValidisme Contrairement à l’image répandue de la personne handicapée triste et solitaire, nous sommes souvent bien entourés. Nous avons des conjoint.e.s, enfants, ami.e.s, famille, collègues.… Le handicap lui-même est une expérience individuelle qui ne peut jamais être complètement partagée, mais on ne va pas le nier, tout le vécu autour imprègne bien évidemment la vie de nos proches. Déjà très concrètement, le quotidien avec nous nécessite souvent d'être adapté à nos besoins : alimentation, choix d’ameublement, sorties, etc. Et puis il y a les rendez-vous médicaux, les possibles crises physiques ou mentales, les aménagements du temps de travail, et l’inquiétude… Aux yeux de la société, nos conjoints sont souvent considérés comme nos soignants avant d'être de simples partenaires de vie. En public ou en privé, on souligne leur courage et leur abnégation, on chuchote souvent « moi, je pourrais pas avoir une relation avec un.e handi ». Bien sûr ils font des concessions, nous consacrent du temps et de l’énergie. Mais ça n’est pas la base de toute relation ? Vous ne vous adaptez pas à votre conjoint.e qui est vegan, sportif de haut niveau, ou pue des pieds ? Hé oui, l’amour pousse à faire de sacrés efforts ! Parce que bien sûr, il y a de l’amour. Pas juste de la bonté, c'est pas une « vocation » hein. En plaçant nos proches sur un piédestal, en encensant leur dévouement, on oublie qu'il ne s'agit pas d’une relation à sens unique. S’ils sont avec nous, c'est peut-être parce qu'on est des personnes formidables ? ;-) Nous les faisons rire, les aimons, les soutenons. Nous leur rappelons leur rendez-vous, organisons les prochaines vacances, leur faisons découvrir un nouveau livre, écoutons leurs problèmes de boulot, les câlinons. Hé oui, nous sommes finalement bien ordinaires... Mais n’allez pas croire que nous nions la charge de travail que notre handicap leur procure ! Parfois, nos parents ou conjoints se retrouvent à effectuer un emploi H24, rebaptisés alors « aidants familiaux». Ils mettent leur vie de côté et nous donnent toute leur énergie.

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lesdevalideuses - le 23 01 2020

Bonne résolutions n°22. Je signale les personnes handicapées victimes de violences ou maltraitances. #JarrêteLeValidisme Plus encore que les personnes valides, les personnes handicapées (tous âges confondus) sont particulièrement victimes de violences et maltraitances, principalement infligées par l'entourage proche, et parfois même au sein des institutions censées prendre soin de ces personnes. La maltraitance peut être physique, psychologique, financière, médicale ou sexuelle. Ça peut être un parent qui culpabilise et infantilise son ado handicapé, détruisant ainsi sa confiance en lui. Ça peut être un conjoint qui abuse de sa compagne avec des troubles psy, sachant qu'elle est financièrement dépendante de lui. Ça peut aussi être une aide soignante qui néglige son patient alité et le laisse souvent dans des draps souillés parce que son service est en sous-effectif depuis des années. Parce qu'elle renvoie à une diversité de situations, la maltraitance est souvent bien plus complexe à identifier que les cas de violence. C'est simple, si on dispose de quelques chiffres concernant les violences faites aux femmes handicapées, la maltraitance, elle, n'a jamais été clairement évaluée en France, que ce soit en milieu familial ou médicalisé.Le Sénat estime de son côté que le nombre extrêmement faible de signalements (à peine 209 en 2002) constitue le meilleur aveu de la sous-estimation de la maltraitance envers les personnes handicapées accueillies en établissements. Même si nous luttons au quotidien pour combattre les stéréotypes et proposer une image forte des personnes handicapées, dans la réalité, nos faiblesses nous exposent davantage aux violences. Le handicap est d'ailleurs considéré comme un élément de vulnérabilité, d'un point de vue pénal. Lorsque le handicap nous prive de notre liberté de mouvement, de notre indépendance financière, de notre autonomie, de notre capacité de raisonnement ou de nos facultés intellectuelles, nous ne pouvons lutter à armes égales contre les personnes qui nous maltraitent.

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lesdevalideuses - le 21 01 2020

Bonne résolution n°21 21. Je respecte l'espace personnel des personnes handicapées #JarrêteLeValidisme Alors que les Américains prennent systématiquement les gens dans leurs bras, en France le contact physique avec des étrangers ne fait pas vraiment partie de notre culture.Quelqu’un s’assoit trop près de vous, votre voisine se tient toute proche de votre visage pour vous parler, un vague collègue vous fait la bise : vous vous crispez. Mais dans certaines situations, cette barrière semble disparaître, et l'on se sent soudainement autorisé.e à poser la main sur le ventre d’une femme enceinte, toucher les cheveux naturels d’une personne racisée, caresser la joue d’un enfant... ou d’une personne en fauteuil ! Et oui, cette situation nous arrive plus souvent que vous ne croyez ! Quand on est handicapé.e, il n'est pas rare de subir des caresses non sollicitées sur la joue, les cheveux, les bras, ou des gestes qui se veulent protecteurs (bras passé autour des épaules, etc.) Comme souvent, ces gestes sont censés nous soutenir, mais produisent l'effet inverse.  Car derrière cette démarche transparaît un sentiment bien moins flatteur : la pitié. Et même si nous mettons de côté la pitié, ces gestes bien-intentionnés nous infantilisent, et nous dépossèdent de nos corps. Parce qu’avouez-le, la dernière fois qu’un adulte vous a gentiment pincé la joue, vous ne deviez pas avoir plus de 5 ou 6 ans… Et vous n'aimiez probablement pas ça ! Sans compter que souvent, ces gestes s'accompagnent d'une attitude générale : vous allez vous pencher en avant pour nous parler, incliner la tête sur le côté, prendre une intonation plus aiguë, utiliser des mots plus simples... Comme si vous étiez avec un enfant ! Cette attitude est parfois inconsciente, mais pour nous, cela revient au même ! Questionnez vous un instant. Pourquoi changer d'attitude face à une personne en fauteuil roulant, ou une personne avec un handicap mental ? Pensez-vous que nous sommes moins aboutis, moins solides qu’un adulte valide ? Est-ce notre physique, notre apparente fragilité qui vous pousse à cet instinct parental, à cette envie de nous cajoler et de nous protéger ?

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lesdevalideuses - le 19 01 2020

Bonne résolution n°19 Je comprends que le travail des personnes handis n'est pas un passe-temps. #JarrêteLeValidisme Quand on parle travail et handicap, l’idée reçue la plus fréquente est que confier un emploi à une personne handicapée, ça serait un peu lui faire une faveur. Quasiment même un acte de charité, puisque l'employeur embauche quelqu'un dont la force de travail est supposée plus faible que celle d'une personne valide. De fait, lorsque nous arrivons à décrocher un emploi, il n'est pas rare d'entendre "Oh tu as un travail, c'est bien ça va t'occuper, te faire sortir de chez toi !". Comme si cet emploi n'était pas un gagne-pain, mais juste un agréable loisir, un remède contre la vacuité de nos existences. Il paraît donc nécessaire de souligner que le travail des personnes handicapées n'est ni un passe-temps, ni une faveur. Notre réalité est toute autre. Déjà, nos vies sont dirigées par les mêmes contraintes de base que le reste du genre humain. Nous loger, nous nourrir et régler nos factures constituent des impératifs dont nous ne sommes pas exemptés. Les aides financières pour les personnes handicapées étant à la fois difficiles à obtenir et trop faibles pour vivre dignement, le travail est pour beaucoup d'entre nous une vraie nécessité. D'autant que nos handicaps sont généralement source de frais supplémentaires (matériel ou appareillage coûteux, médications, aménagement de notre lieux de vie, etc.) Par ailleurs, même si nous avons la chance de trouver un travail à la hauteur de nos attentes, nos vies restent particulièrement chargées. Pour certains, la gestion du handicap est presque un travail à temps plein : gérer les éventuelles crises, les douleurs, les multiples rendez-vous de santé, etc.Sans compter le temps consacré à nos familles, nos amis, nos VRAIS loisirs, et toutes les contraintes normales d'une vide d'adulte.Et si nous arrivons à trouver le temps et l'énergie de chercher un travail, nous nous confrontons à de nouvelles difficultés.

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lesdevalideuses - le 17 01 2020

Bonne résolution n°16 16. Je participe à la diversité des représentations #JarrêteLeValidisme Saviez-vous que l'acteur Peter Dinklage a hésité avant d'accepter son légendaire rôle de Tyrion Lannister dans Game Of Throne ? Atteint d’achondroplasie, il n'a jamais toléré qu'on le relègue à des rôles archi stéréotypés de nain à barbe, gnome ou leprechaun.Un bel exemple du manque de représentation des personnes handicapées dans le milieu audiovisuel, mais aussi dans le monde des arts en général. Pourtant, cette représentation est essentielle pour les concerné.e.s. Car ce que nous voyons dans les séries, films, clips, œuvres littéraires, graphiques, photos... façonne la vision que nous avons du monde. Les personnes handicapées constituent 20% de la population, or elles sont terriblement sous-représentées. Nous existons, nous faisons partie du monde, nous devons aussi faire partie des œuvres.Récemment, on a pu voir quelques séries aborder le handicap, sans misérabilisme ni voyeurisme :  Speechless, une famille fantasque à la Malcolm, dont l'un des fils est en fauteuil roulant, la websérie française "Simone et moi, une amitié mécanique", ou encore Special sur Netflix : fait et joué par un homme handicapé. Mais surtout, sortez-nous des rôles de personnes handicapées ! Vous n'avez pas besoin de parler de nos handicaps pour nous faire apparaître, parlez plutôt de nous. Montrez-nous comme des passants, amants, parents, travailleurs du sexe, chefs d'entreprise ou punks à chiens. Nous sommes tellement plus que nos seuls handicaps ! On aimerait tellement se voir plus souvent comme simple figurant. Comme élément banal, anecdotique. La belle-sœur du héros est handicapée ? Oui et alors, on ne va pas en faire tout un fromage. Dessinateurs professionnels comme amateurs : quelle part de vos personnages présentent une diversité physique notable ? Savez-vous dessiner une personne amputée, de petite taille, en fauteuil roulant, ou même simplement grosse ? Photographes, travaillez-vous souvent à capturer les lignes poétiques et peu communes d'un corps handicapé ?

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lesdevalideuses - le 15 01 2020

Bonne résolution n°15 Je renouvelle mon stock d'insultes. #JarrêteLeValidisme Ah, les insultes ! S’il y a bien une particularité de la langue française, c’est de regorger d’insultes fleuries que nos pays voisins nous envient. Goujat, tocard, branquignole, gougnafier…  Et pourtant, malgré cette diversité, les insultes tombent le plus souvent dans un registre bassement homophobe, sexiste ou psychophobe. Qui n’a pas déjà entendu « t’es mongole / triso / débile » face à une difficulté à comprendre ou faire quelque chose ? Pourtant ces termes ne sont pas des insultes, mais des réalités, des identités. Utiliser ces termes comme des insultes, c’est laisser entendre que ces handicaps ou maladies sont méprisables et avilissantes. Si l'insulte seule, prise à part, semble inoffensive, le mépris qui en découle, maintes fois répété par de nombreuses personnes, contribue à stigmatiser durablement ces handicaps ou maladies. Il en va de même pour des phrases telles que « le gouvernement est autiste » ou « c’est un système dangereux et schizophrène » dont les médias sont friands. Ces mots n’ont rien à faire là car ils perdent leur sens originel et contribuent à entretenir les stéréotypes. Au passage toutes les insultes homophobes à base de « va te faire enc*ler » ou « PD », c’est non, juste non. Et ne parlons pas des « j’me suis fait violer », beaucoup trop utilisé par les gamers. « On ne peut plus rien dire ! ». Alors, si vous pouvez. Si vous prenez plaisir à consciemment blesser et rabaisser les personnes malades et handicapées, surtout ne changez rien. Autrement, vous pouvez décider d'être imaginatifs dans vos insultes et expressions, de manière à n'insulter que l'objet que votre colère ou mépris. Oui, nous sommes autistes, triso, mongoles, schizo, sourdingues, aveugles, polios, nains, fous, barges, ou débiles mentaux... Ces mots nous définissent, et ne devraient jamais être utilisées comme insultes, même "amicales". Ne nous faites pas dire ce que nous n’avons pas dit. Les insultes ont toujours existé, continueront toujours à exister. Elles sont utiles, ou du moins cathartiques en de multiples occasions.

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lesdevalideuses - le 14 01 2020

Bonne résolution n° 14 Je cesse d'associer les handicaps et troubles psy à la violence. #JarrêteLeValidisme A chaque fois qu'une personne commet des actes violents envers autrui, il est courant d'entendre : "Non mais il est fou ce gars là ! Il est dérangé, il faudrait l'interner !". La notion de trouble psy est systématiquement associée à une attitude violente et imprévisible. Et cela sert souvent à clore le sujet. Combien de fois, face à un "incident" gênant qu'on voudrait étouffer (spoiler : le suspect est souvent blanc) on balaye le sujet d'un "Oh c'est juste un "déséquilibré", il avait des problèmes psy", sans chercher à comprendre ses motivations ? De fait, nous prenons l'habitude de croire que la violence va de pair avec les troubles psychiatriques ou mentaux, et que les personnes concerné.e.s sont comme des bombes à retardement, susceptibles d'éclater à n'importe quel moment. Pourtant, ces clichés sont bien éloignés de la réalité !  D'après le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la dangerosité psychiatrique, "il existe une surestimation manifeste du risque de comportement violent chez les  personnes souffrant de troubles mentaux." D'après ce rapport, les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont que rarement impliquées dans une violence faite à des tiers : 3 à 5 % seulement des actes violents seraient dus à des personnes souffrant de troubles mentaux. Et, surprise, ces personnes sont plus souvent victimes qu'agresseurs. Quand elles ne sont pas victimes de violences et maltraitances de la part de leur entourage, elles ont tendance à se maltraiter elles-mêmes (mutilation, tentative de suicide, etc.) Cela s'ajoute à un réel manque de prise en charge de ces violences, la parole de ces personnes étant souvent considérée comme moins légitime. Sans surprise, les femmes sont les plus touchées : si 80 % des femmes handicapées subissent des violences au cours de leur vie, plus de la moitié présentent des troubles psychiques.

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lesdevalideuses - le 13 01 2020

Je m'abstiens de suggérer des thérapies alternatives. #JarrêteLeValidisme - Dis-moi, tu as testé l’acupuncture pour tes douleurs ? Je connais un très bon praticien... - Tu es toujours sous anti-dépresseur ? C'est pas naturel quand même, pourquoi tu n'essaies pas la sophrologie à la place ? - Tu as lu cet article sur ce tout nouveau traitement en test au Japon ? Ça part toujours d'un bon sentiment et d'une envie d'aider, mais oui, on a déjà essayé le yoga, les huiles essentielles, et les infusions de sauge. Souvent, les personnes handicapées ont déjà testé à peu près tout ce qui pouvait être susceptible de les soulager et/ou de les guérir. Il ne s'agit pas ici de lancer un débat sur les éventuelles vertus positives des thérapies alternatives ou médecines douces, qui, bien que scientifiquement controversées, peuvent parfois procurer un bien-être appréciable. Placebo ou pas, si ça fonctionne pour vous, tant mieux. Il s'agit de pointer la capacité qu'ont les gens de vouloir à tout prix proposer ces thérapies alternatives aux personnes handicapées ou malades chroniques, avec pour seule base "scientifique" leur propre opinion sur la question. De manière générale, évitez les conseils non sollicités sur le parcours médical, le diagnostic ou le traitement des personnes handicapées, et ce même si vous pensez connaître un peu leur parcours ou leur vécu. Ces conseils répétés peuvent être particulièrement difficiles à vivre pour les personnes concernées. D'autant plus que les vécus diffèrent. Certains malades avec des douleurs chroniques voudront essayer toutes les astuces existantes, du régime sans gluten à la micro kiné. D'autres considérerons que la maladie prend déjà trop de place dans leur vie sans lui en consacrer encore plus. Dans tous les cas, respectez ce choix. C'est leur corps, et leur handicap ou maladie. De surcroît, déconseiller de prendre un médicament prescrit ou en cours d'utilisation peut être dangereux. Les psychotropes et antalgiques notamment ne peuvent être interrompus sans avis médical.

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lesdevalideuses - le 12 01 2020

Bonne résolution n°11 Je ne considère plus les personnes handicapées comme des leçons de vie #JarrêteLeValidisme Parmi tous les clichés validistes que nous subissons, l'image de la personne handicapée oscille souvent entre deux extrêmes. Soit on nous croit incapables, tristes et inintéressants, en un mot : chiants. Soit on nous imagine comme des super-héros du quotidien, toujours souriants, incroyablement courageux et inspirants. Et là aussi, ça coince. Asseyez-vous, faut qu'on cause. Nous imaginer et nous traiter comme des êtres hors-du-commun, des leçons de vie, JUSTE parce qu'on est handicapé.e n'est PAS un compliment. « Faut pas le prendre mal ! C’est sincère, je t’admire vraiment, tu es une personne ex-tra-or-di-naire ! » C'est une chose difficile à comprendre, mais être admiré, complimenté et félicité parce qu'on a réussi à aller chercher du pain / décrocher un diplôme / faire du sport / élever ses enfant... n'est absolument pas flatteur.C'est même assez déstabilisant d’être applaudi pour avoir réalisé des choses parfaitement ordinaires. Vous ne nous en pensiez pas capable ? En réalité, ces compliments nous font sentir à quel point vous nous sous-estimez. Dans la même veine, on a tendance à glorifier des personnalités extraordinaires qui relèvent des exploits sportifs ou changent le monde « malgré leur handicap ». Avec la petite phrase choc qui vous interpelle. “Quelle est votre excuse ?” Ou encore “Le seul handicap dans la vie, c’est une mauvaise attitude”. Et bien oui, il existe des gens extraordinaires parmi les personnes handicapées. Il en existe aussi des déjantés, des cons, des bienveillants, des malhonnêtes, etc. Et vous savez quoi ? Exactement dans la même proportion que dans la population globale ! Nous aussi subissons l’injonction derrière "Quelle est ton excuse ?". Parce que nous ne sommes pas tous capables de ces exploits. En nous supposant une force de caractère et une grandeur d’âme hors-normes, vous faites peser sur nous des attentes beaucoup trop lourdes. Laissez-nous revendiquer le droit à la médiocrité !

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lesdevalideuses - le 10 01 2020

Bonne résolution n°10 10. Je contribue au sous-titrage de mes vidéos Youtube favorites. #JarrêteLeValidisme Vous êtes plutôt Netflix ou Youtube ? L'avantage de Youtube, c'est la gratuité et la diversité des contenus (notamment "amateurs"). Par contre, contrairement à Netflix, les sous-titres c'est pas automatique. Enfin si, justement. Mais ces sous-titres générés automatiquement montrent vite leurs limites lorsque les personnes parlent un peu rapidement, marmonnent ou utilisent des noms propres. En anglais ça fonctionne déjà mieux. Logique, le module a été conçu pour ! Un exemple concret ? Vous avez certainement vu passer la fameuse vidéo d'Inès Reg https://www.youtube.com/watch?v=4g-XbDdTThQ&feature=emb_logo. Maintenant lancez la sans le son, et activez les sous titres automatiques. Oui, c'est beaucoup moins fun d'un coup. On a tendance à l'oublier, mais nos pratiques numériques sont porteuses de sens. A une époque où l'on consomme et partage plus que jamais des contenus audio (on pense aux podcasts, aux story instagram et autres vidéos partagées en masse), les personnes sourdes et malentendants se retrouvent discriminées. Elles sont pourtant près de 6 millions en France, soit environ 9% de la population. La mise en accessibilité des vidéos par ceux qui les produisent devrait donc être la norme. On pourrait rétorquer que regarder des vidéos n'est pas indispensable à une vie équilibrée, mais ce n'est pas le propos. Le sujet, c'est qu'alors que consommer des vidéos est devenu un acte quotidien pour des millions de personnes, les personnes sourdes et malentendantes de tous âges soient bien souvent exclues de ces pratiques sociales. Est-il utile de rappeler que ces vidéos et contenus audio, au delà de leur aspect divertissant, sont aussi source de savoir, de culture et d'ouverture sur le monde ? La bonne nouvelle, c'est que les vidéastes postant sur Youtube peuvent éditer leurs propres sous-titres, et peuvent aussi ouvrir cette possibilité à leur communauté !

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